NAFISSATOU SAÏDOU BABA: Jeune entrepreneuse camerounaise

Bienvenue aux nouveaux lecteurs et bon retour aux anciens ! Aujourd’hui nous parlons mode, blogging, charité, lecture et aussi entrepreneuriat avec notre invitée du jour Nafissatou SAÏDOU BABA.

Nafissatou Saïdou Baba

Nafissatou est une jeune dame très généreuse et aussi très ambitieuse, c’est une véritable touche-à-tout. A 21 ans seulement, elle est social media manager et a déjà 4 grands projets en marche. Elle a créé sa propre ligne de vêtements qu’elle vend à travers sa boutique en ligne Hijabista_237, elle a fondé une association caritative du nom de Charity Garden, elle tient un blog appelé Nafi Talks et a mis sur pied un club de lecture, ces deux derniers axés développement personnel. Elle nous en dit plus !

Que signifie Hijabista ? « Hijabista désigne une femme musulmane qui s’habille avec style tout en se conformant au code vestimentaire islamique »

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer Hijabista_237 ? « Je voyais très régulièrement sur la toile des filles issues des cultures orientales et occidentales s’habiller dans un style moderne, chic et très élégant, ce que je ne retrouvais pas facilement dans l’habillement du Nord-Cameroun : ce style vestimentaire priorise la pudeur. C’est de là que m’est venue l’idée de créer une marque de vêtements qui seraient à la fois chics, modernes et portables par des musulmanes »

Quand et comment avez-vous lancé ce projet ? « C’est en Novembre 2017 que je me dis qu’il est temps que je concrétise ce projet que j’ai en tête depuis quelque peu, mais ce n’est qu’en février 2018 que je fais une première vraie action en achetant des voiles  pour les revendre. J’ai ensuite crée les pages facebook et instagram de la marque »

Je suppose qu’il n’a pas été facile de monter ce projet de toute pièce ! « Ça n’a pas été facile ! Je n’avais vendu aucun des voiles que j’avais acheté et la page une fois créée, je ne recevais que des likes et aucune commande. Je décide alors de donner un nouvel aspect à ma page en utilisant des modèles photos que je trouvais sur internet pour proposer des articles sur ma propre page. Et je réalise finalement ma première vente en Juillet 2018. »

En Septembre 2019, le community management lui ouvre les yeux sur le monde digital ! Ce nouvel outil en poche, elle décide de repartir de zéro. En participant également à un atelier sur la confiance en soi, animé par une coach en développement personnel, elle pratique un exercice appelé « Vision board » qui consiste à mettre sur papier les projets qu’on souhaiterait réaliser au bout d’un temps précis. Elle se dit alors qu’ Hijabista_237 sera opérationnel avant Décembre 2020. Ce qui a été fait : sa boutique en ligne est active même s’il est vrai qu’elle peut pas encore vivre de ses recettes.

Quelle vision avez-vous d’Hijabista_237 ? « Je souhaite vraiment rendre plusieurs styles vestimentaires portables par une musulmane tout en mettant un point d’honneur sur la qualité des produits »

Est-ce que Charity Garden a été tout aussi difficile à concrétiser ? « Difficile, oui ! Mais il a connu un peu plus de succès. »

Dites-nous comment tout cela a commencé, racontez-nous le début de cette aventure ! « J’ai toujours voulu aider, j’ai toujours aimé apporter mon soutien donc je me voyais bien créer quelque chose qui irait dans ce sens-là. En mai 2018, je décide de me lancer même sans argent. J’ai donc rassemblé un groupe de personnes ayant la même vision que moi pour qu’ensemble nous organisions une collecte. Il était question de faire du porte à porte et de demander des vêtements, chaussures et autres qui ne servaient plus afin qu’ils soient redistribués à ceux qui en avaient besoin. A la fin de la première journée nous n’avions rien récolté »

Les gens semblaient-ils mal réagir ? « Non, pas vraiment ! Beaucoup nous avaient demandé de repasser, d’autres avaient préféré qu’on laisse nos numéros pour qu’ils rappellent si besoin était »

Comment a été fait le choix du nom et du logo qui apparaissent aujourd’hui sur les pages Instagram et facebook de l’association ? « Le nom m’a été clairement inspiré du Coran. J’avais l’expression jardin de bienfaisance tirée du Coran qui me restait en tête ; j’ai ensuite traduit l’expression et désormais je tenais un nom. En ce qui concerne le Logo, j’avais demandé à un ami de m’en faire un : je voulais qu’on y retrouve une référence au jardin, qu’il y ait l’action de donner, qu’on voit un enfant et une jeune femme. Ça avait été fait et le résultat ne m’avait pas vraiment plu, mais aujourd’hui avec un peu de recul, je trouve que ce logo est approprié. »

Comment a évolué le projet ? « À la fin de la première période de collecte à Douala, nous avions rassemblé près de 300 vêtements et 80 chaussures ; Et nous avions simultanément organisé une collecte dans la ville de Yaoundé de laquelle nous avons comptabilisé environ 600 vêtements de ce côté. Ils ont tous été redistribués dans des orphelinats, des centres d’accueil, et un quartier précaire à Garoua et à Yaoundé. L’année d’après nous avions fait une récolte de près de 1500 vêtements auxquels nous avions aimé donner une seconde vie en les redistribuant dans des centre d’accueil, orphelinats des deux villes et un quartier précaire de Yaoundé. »

Ces personnes avec qui vous travaillez… « Je ne connais personnellement que très peu d’entre elles. C’est ce qui est vraiment fascinant ! Toutes ces personnes qui ne me connaissent pas et que je ne connais pas non plus qui sont prêtes à me rejoindre et à participer à leur façon. »

Y a-t-il d’autres activités en cours ? « Oui, nous organisons des ateliers en tout genre : pâtisserie, cinéma, dessin et peinture ; et nous avons en projet d’organiser pleins d’autres : des ateliers métiers, des challenges entre orphelinats et aussi des ateliers tout public qui seront payants sauf  pour les enfants défavorisés. Ainsi, l’argent versé par les uns servira à subventionner les activités des autres. Ce qui nous manque actuellement c’est un local, un lieu où organiser ces activités »

Et pour ce qui est de votre blog Nafi Talks, quels ont été les éléments déclencheurs ? « Je suis une personne qui lit beaucoup et l’idée de partager les enseignements que m’apportaient mes lectures me plaisait énormément. En parcourant la toile j’ai fait la rencontre de plusieurs bloggeurs  très inspirants, ce qui m’a poussé en Avril 2020 à créer mon propre blog. »

Au cours de notre entretien, Nafissatou ne cesse de mentionner le nom de C.Befoune, bloggeuse elle aussi. Participer aux ateliers d’écriture de C.Befoune n’a été certes pas facile mais je suis fière du rendu, dit-elle. « Plusieurs fois durant ces ateliers je me suis demandé ce que je faisais là, à quoi avait servi mon argent, mais à la fin j’ai noté une nette amélioration dans ma façon de rédiger. Cette femme est une grande source d’inspiration et de motivation ! »

Nafissatou tient avec une amie coach en développement personnel, un club de lecture depuis le mois de Septembre. C’est quoi l’idée générale de ce projet ? « L’idée de base est toujours de partager, transmettre les enseignements que m’apportent mes différentes lectures. La différence est que nous donnons l’occasion aux membres de ce club de trouver eux même ces enseignements en lisant par eux même et en faisant des activités liées aux lectures que nous leurs proposons.  La première session s’achèvera dans deux semaines et les membres du club sont satisfaits de leurs apprentissages. Une nouvelle session est prévue pour Janvier ou Février 2020. »

N’est-il pas difficile de suivre tous ces projets en plus de votre propre travail ? « Ça semble difficile, mais tant qu’il y a de l’amour, de la passion, on ne sent pas la difficulté. Je me donne les moyens de réaliser et Dieu facilite »

Quel conseil donnerais-tu aux jeunes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat ? « Nous sommes fatigués des entreprises qui veulent avant tout faire leurs chiffres. Mettre l’argent en tête de ses priorités quand on se lance dans l’entrepreneuriat c’est mettre de côté plusieurs petits détails qui n’ont l’air de rien mais qui feraient la différence. La première dimension dans un projet doit être la satisfaction personnelle, se dire j’ai pu le faire ; la deuxième doit être la satisfaction de la cible et la troisième doit être la rémunération, un retour sur son temps et son énergie. »

Merci de nous avoir permis d’en apprendre plus sur vous et vos différentes activités !

Interviewée le 27/10/2020

4 commentaires sur “NAFISSATOU SAÏDOU BABA: Jeune entrepreneuse camerounaise

  1. Que dire de cet article?
    Il est tout simplement magnifique et encourage davantage les jeunes a ne pas baisser les bras. Oui on peut se fixer des objectifs et les atteindre. Il suffit d’y consacrer du temps et de la passion.
    Vivement un autre article aussi édifiant

    Je cours vite sur la page de nafi faire du lèche  »vitrine »😃😍

    Aimé par 1 personne

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