L’Egalité des sexes 08: le féminisme Africain…

Bonsoir à vous très chers lecteurs. C’est comme toujours, un plaisir de vous retrouver pour vous parler d’un des sujets qui me passionnent le plus : le féminisme. J’ai dit au dernier article que le prochain, c’est-à-dire celui-ci, serait consacrée à parler des différents courants féministes. Et bien … Non ! J’étais sur le point de faire une erreur monumentale j’avais parlé de l’histoire du féminisme dans sa globalité sans prendre le soin de situer l’Afrique : j’allais laisser l’occasion à ceux qui pensent que le féminisme est non africain d’appuyer leurs propos. En même temps, quand tu recherches « féminisme » sur internet, tu ne tombes pas du premier coup sur des articles faisant allusion à l’Afrique.  Cet article sera donc axé sur le féminisme en Afrique parce que oui, contre tout ce que vous pouvez penser le féminisme existe en Afrique. Il a existé et continue d’exister.

 Tous ceux  qui pensent que le féminisme est non-africain, qu’il n’est pas important au pas du tout pertinent du fait de la culture fondamentale africaine, qu’il constitue un acte d’appropriation culturelle (culture occidentale) et qui essaient de dicter les frontières de l’applicabilité du féminisme en Afrique, cet article est pour vous ! 

 Avant le colonialisme des femmes en Afrique occupaient déjà des places de pouvoir  et avaient des positions égales à celle des hommes dans la société. Nous pouvons par exemple noter le fait que des femmes constituaient la garde rapprochée du roi du Dahomey, elles avaient un escadron spécial dans l’armée de l’empereur Shaka, les femmes étaient chef de clan dans des régions qui sont appelées aujourd’hui Cameroun et Sierra Leone.  Des femmes ont dirigé les migrations Zoulous en Afrique du Sud.  Les Amazones étaient une élite  de la garde du Roi Dahomey. Nous ne pouvons pas négliger  les anciennes reines et guerrières qui ont existé en Afrique :   Ana Nzinga, reine de Ndongo et Matomba (actuel Angola),  la reine Yaa Asantewaa d’Ashanti (actuel Ghana), sans parler de Cléopâtre et de Néfertiti, reines égyptiennes avec un grand pouvoir politique. D’ailleurs,  l’anthropologue nigériane Ifi Amadiume auteure de « Male daughters, Female husbands »  note qu’en Afrique, il existait une organisation sociale reposant sur les deux sexes et une langue ne distinguant pas le féminin du masculin.

Ce n’est qu’après  le colonialisme  que la place de la femme était devenue la cuisine et la chambre aussi.

Et parce que ça arrange certains, c’est cela qu’ils choisissent d’appeler « culture africaine » pour pouvoir dire après que les féministes africaines sont entrain de renier leur culture.

Bien heureusement il existe actuellement de grandes féministes qui sont prêtes à défendre la cause des femmes. Je parle là de Chimamanda Ngozi Adiche, célèbre féministe et écrivaine nigériane qui pense que la lutte féministe passe par l’éducation des enfants et elle dit d’ailleurs lors d’un entretien sur France 24 que l’on devrait donner aux garçons des outils pour exprimer leurs émotions et enseigner aux filles qu’elles n’ont pas à jouer des rôles pour être aimés.

Nous avons également Ndeye Fatou Kane écrivaine et chercheuse sénégalaise en genre, politique et sexualité ; elle est l’instigatrice du mouvement #balance ton saïsaï  qui a été comme un prolongement du mouvement #metoo au Sénégal.

Il y a également Maïmouna Éliane Thior, chercheuse en sociologie qui a fait un film-documentaire intitulé « Arrêt sur elles » dans lequel elle montre le quotidien d’une femme au Sénégal. Un passage qui m’a marqué est celui où le personnage principal à la fin d’une journée se demande si son époux n’aurait pas une maitresse car ne montrant plus aucun désir pour elle. A la fin d’une journée de travail, elle doit en commencer une autre mais cette fois ci chez elle. Après des heures de travail, il est très tard donc son mari dort et de toute façon elle est trop épuisée pour envisager quoi que ce soit.

Je ne peux pas ne pas vous parler du mouvement Yewwu  Yewwi  PLF  (pour  la  libération  des  femmes) des années 80 au Sénégal.  Cette  association  s’est  définie  dès  le  départ  comme féministe dans son journal « Fippu » et tenait à exprimer sa particularité qui « réside  dans  le  fait  d’identifier  tous  les  mécanismes  qui,  par  l’éducation,  les  tabous  et  les  coutumes, les idéologies, les cultures et les religions, la division du travail entre les sexes, et la législation, justifient et légitiment la subordination des femmes.»

Merci d’avoir lu jusqu’au bout ! Franchement, cet article m’a épuisé et ne serait-ce que pour ça j’espère qu’il vous a plu. Cette fois ci je vous donne un vrai rendez-vous dans deux semaines dans cette même rubrique « l’égalité des sexes ». 

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à aimer, à vous abonner pour ne pas manquer la suite et à partager pour faire connaître cette page à vos proches !!!😊 Et n’oubliez pas que vos livres préférés sont disponibles en format numérique et à moindre coût chez Mr E-Bookil suffit juste de demander!

2 commentaires sur “L’Egalité des sexes 08: le féminisme Africain…

  1. J’aime beaucoup cet article. C’est celui que je préfère de tous tes articles, particulièrement parce qu’il renseigne sur la véritable place du féminisme en Afrique, qui n’est pas importé comme on veut bien le croire. Article riche et très instructif. J’espère qu’il en sera de même pour le prochain ! 😉

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