Paris Gare de Lyon, Lundi 19 Octobre, il est 10h09.
J’arrive à la gare, il fait froid. Le froid à l’intérieur de la gare n’est jamais le mˆême qu’à l’extérieur. Peut-être à cause des appels d’air crées par les multiples accès, peut-être parce que c’est un lieu où on attend. Un lieu où on attend, et le froid à le temps de se glisser jusqu’à nos os.
Un jour, il y a longtemps maintenant, j’avais attendu. J’avais attendu qu’on vienne me rejoindre, qu’on vienne me chercher. J’avais suffisamment attendu pour que le froid fasse son chemin jusqu’à mes os. J’avais attendu ce jour-là, vêtue d’une robe courte, d’un collant et d’un petit manteau. Je n’avais pensé qu’à être coquette, je n’avais pas assez pensé aux appels d’air de la Gare de Lyon.
Après ce jour là, je suis repassée plusieurs fois par cette gare : Pour prendre au autre train, pour croiser des amies, pour partir en vacances, pour aller retirer mon passeport,… sans que le souvenir de ce jour où j’avais attendu ne me revienne.
C’est peut-être le froid qui a ravivé ses souvenirs.
Mais là je me rappelle.
Je me rappelle de la situation boiteuse de la relation que je voulais desesperement sauver
Je me rappelle de son planning SI chargé, qui avait fait qu’on ne puisse se retrouver qu’à mis-chemin, à la gare
Je me rappelle des appels passés à planifier, à decider de quoi faire
Je me rappelle des appels passés à jubiler d’enthousiasme
Je me rappelle des appels où il m’annonçait les retards de train
Je me rappelle d’avoir ATTENDU quand-même
Je me rappelle des appels où il m’annonçait d’autres retards de transports
Je me rappelle d’attendre QUAND-MÊME.
Je me rappelle la sensation du froid jusque dans mes os, qui me fait trembler
Je me rappelle de lui qui arrive 1h à peine avant mon train retour
Je me rappelle les muffins aux myrtilles faits par mes soins que je lui offre
Je me rappelle de lui qui me demande de façon détachée si j’ai faim.
Je me rappelle de me dire ce jour là une fois rentrer que je suis la plus conne de tout le continent à l’heure là.
J’ai compris plus tard que je n’était pas conne, du tout.
Que c’est par formalité qu’il m’avait demandé si je voulais manger
Que mes muffins, j’aurais dû les deguster moi-même
Qu’il aurait preféré ne même jamais arriver à la gare, qu’il auraut voulu que je me lasse et parte avant
Que le froid était si froid parceque j’étais restée plantée là
Qu’il n’y avait j’amais eu de soucis de transports
Que j’étais la seule à jubiler et à planifier
Que son planning chargé et la relation dégringolante étaient les resultats de ses lourds chantiers de destruction
Je ne vais pas m’inventer une gentillesse qui n’a pas sa place, juste pour vous faire de la belle poésie un peu « deep »
Je lui souhaite la misérable vie de lâche qu’il mérite pour avoir été aussi misérablement lâche.
Il n’a rien fait. Il n’a RIEN fait. Il n’a rien FAIT. Et c’est ce que je lui reproche. Il a rendu la relation merdique jusqu’à ce que je me lasse.
Les gens disent « Quand on ne t’aime pas tu sais ! » C’est vrai ! Et j’ajouterai « … parce que ça se voit. »
Mais assez souvent, avant de savoir tu vas d’abord croire que ce que tu vois là, c’est pas ça 😂😂
Always be brutally honest with you, darling ! And allow reality to present itself the way it is !


En savoir plus sur Le blog de Liena
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.