L’Amour (partie 2)

Je retrouve toujours dans la profondeur de la tristesse cette inspiration dramatique qui me fait cracher des textes si tristes qu’on ne pourrait les lire sans s’arrêter un instant et s’interroger sur mon réel état émotionnel. Peut-être publierais-je ce texte sous la forme d’un article, peut-être le polirais-je pour n’en présenter que la substance.

L’amour, l’amour, l’amour… Ah l’amour. Je suis toujours autant, si ce n’est plus, amoureuse de l’amour qu’en juillet 2022, quand j’en ai parlé sur mon blog pour la première fois. J’aime toujours autant l’amour et l’état dans lequel il me met.

J’avais attendu d’être désenivrée de l’épisode amoureux en cours à ce moment-là avant de me prononcer sur ce sujet délicat. La vie m’avait enseigné, il fallait que je vous enseigne aussi. Avec mon amie Nafi (on ne la présente plus), nous avons ri à gorge déployée de mon article des mois après, de même qu’un de ses articles portant sur un sujet similaire, mais qui malheureusement n’existe plus. Je vous aurais volontiers donné le lien.

Pourquoi se marrait-on autant ? On se demandait quelle poussée de confiance nous avait fait parler de sujets qu’on comprenait si mal. Nous nous pensions naïves d’avoir parlé avec autant de simplicité de sujets aussi complexes, et honteuses d’avoir affiché notre naïveté au monde. On s’en voulait d’avoir pensé qu’on y comprenait quelque chose à ce moment-là parce que, lorsque la réalité nous a dosés, nous nous sommes brutalement aperçues de l’immensité de notre non-connaissance du sujet. La vie nous a de nouveau enseigné.

Avant d’aller plus loin dans mon discours, j’aimerais nous dire à toutes les deux que nous savions ce que nous savions à ce moment-là. Aucune magie n’aurait pu nous faire savoir autre chose que ce à quoi nous avions accès à cette période-là. Demain sûrement, dans cinq ou dix ans, on imaginera que nous étions naïves aujourd’hui.

Avez-vous déjà été aimé par quelqu’un qui vous veut, vous, vous et personne d’autre, vous, toutes celles que vous pouvez être, celles que vous avez été et celles que vous serez probablement ? Vous et vos peurs ? Vous et vos joies ? Vous et vos traits que vous pensez inaimables ? Vous et vos réussites ? Vous, vous et tout simplement vous ? Je veux dire quelqu’un qui vous aime, même quand il vous en veut ? Quelqu’un qui vous aime, même quand vous lui en voulez ?

Je l’ai été. Et j’ai aimé ça. J’ai aimé cette personne, j’ai aimé qu’elle m’aime, j’ai aimé qu’elle me laisse l’aimer et qu’elle me montre comment l’aimer plus. J’ai tout aimé.

Je suis tombée plusieurs fois amoureuse de cette même personne. Il n’y a pas eu d’interruption dans le sentiment, donc je tombais et tombais plus encore. Je tombais en apprenant plus sur lui et en m’ouvrant davantage. Outre les barrières hissées autour de moi, j’avais fabriqué des personnalités dans le même but : protéger la moi véritable. Mais à force de travail, de discussion, de déconstruction et d’amour partagé, je me suis plus dévoilée et cette personne aussi. Ceci a alors créé un amour qui nous correspondait.

Ça a l’air contre intuitif, mais même un amour (dans le sens de couple) sain peut faire souffrir. Déjà parce qu’il n’est pas parfait, il ne fait que tendre vers ; ensuite parce qu’il n’est pas forcément infini et enfin parce que dans ce contexte, on ne peut pas simplement se contenter de pointer l’autre du doigt et se positionner en victime abusée par la relation et/ou le partenaire quand la situation va mal. Si en plus on a des traumatismes amoureux à résoudre, croyez-moi, ça va être dur.

J’ai pleuré, et pleuré encore. À chaque fois qu’il a fallu que j’enlève une couche de masque, à chaque fois que j’ai dû lever un voile, ça a été la crise totale. J’ai pleuré, d’abord de frustration, puis de colère, ensuite de tristesse et de surprise quand je réalisais que cette protection n’était pas utile, et enfin de soulagement parce qu’une pression de mes épaules s’était envolée.

Pour ce qui est de guérir de ses traumas « amoureux », la question se pose souvent de savoir si l’on doit les résoudre dans une relation ou en dehors, et voici ma théorie. En dehors du couple, on n’a pas beaucoup de paramètres à maîtriser, pas beaucoup de sons de cloche à entendre. Il n’y a que soi-même et on peut plus facilement se plonger en nous pour faire remonter ce qui ne va pas. C’est donc le moment propice pour se disposer à guérir. C’est le moment de se préparer psychologiquement à évoluer, à s’améliorer, même dans la douleur. C’est le moment de tenter de résoudre ses problèmes. Je dis « tenter » parce qu’en fait, ce que j’appelle trauma amoureux, c’est en fait un souci créé dans un contexte amoureux et qui probablement ne se révèlera pleinement que de retour dans un nouveau contexte amoureux. À ce moment, les outils déjà sortis de la boîte pendant le célibat pourront servir immédiatement.

En somme, selon moi, c’est un problème qui se résout en deux étapes et en plusieurs cycles de deux étapes si le mal est profond.

Cet amour m’aura donné l’espace de guérir et de grandir un peu plus. J’espère que ça aura été le cas de mon partenaire.

J’ai expérimenté une forme d’amour différente de celles que j’avais vécues jusque-là. Je ne voulais pas attendre que cet épisode amoureux passe pour vous reparler d’amour, pour la simple raison que je ne voulais pas que cet épisode-ci se termine.

Mais tout ça est fini aujourd’hui et pour cette fois, comme je l’ai chanté depuis le tout début à mes chers amis, je garderai précieusement le doux souvenir d’avoir été pleinement et follement amoureuse.

Comment je me sens ? Très mal, assurément. Je me sens mal, mais renouvelée, comme un logiciel plein de nouvelles fonctionnalités après une MAJ. Est-ce que je vais souffrir longtemps ? Je n’en ai aucune idée. Est-ce que la douleur va s’intensifier ? Il y a des chances que oui. J’ai déjà tout de même eu le temps de réfléchir à cette douleur même.

Dans mon cas, j’ai remarqué que c’est l’idée de la douleur de la séparation qui me faisait le plus souffrir. Elle commence par me hanter pendant la relation avant de s’accentuer à chaque fois que je perçois la possibilité de la séparation. Quand la séparation a effectivement lieu, j’ai mal en préambule à la véritable douleur, avant d’en arriver au goumin proprement dit. J’ai pitié de ma douleur future quoi.

Revenons sur mes amis que j’ai vaguement évoqués tout à l’heure. Je suis également tombée amoureuse d’eux (pas comme vous croyez, je ne sais pas polyaimer). Je les aime et les comprends mieux aujourd’hui qu’avant. À force de se dévoiler les uns aux autres, il y a une véritable connexion qui est née et a évolué vers quelque chose de plus fort.

Mes amis, venez, on va en date, en tête à tête ou en groupe ! Venez, on se fait des soirées à thèmes ! Venez, on fait les sorties en couple et les célibataires tiendront la chandelle ! Venez, on se rend visite pour discuter jusqu’à pas d’heure. Je vous aime, les amis. J’aime quand vous me grondez comme si vous étiez mes co-parents, j’aime aussi quand vous m’écoutez sans jugement, que je sois en train de pleurer ou de rire. Je suis reconnaissante pour l’entertainement au quotidien (the tea aka le Kongossa), pour le soutien moral, émotionnel et financier, même parfois. Je dois encore parler du fait que vous croyez souvent en moi plus que moi-même ? Je ne suis malheureusement pas à cette étape de ma vie où je peux vous dire en face que je vous aime. Je ne peux que l’écrire, vous offrir des ices ou mon écoute et mon soutien.

Ce texte, pourquoi je l’écris ? C’est ma thérapie.

Pourquoi je le publie ? Pour rassurer qui a besoin. Il y a autant d’amours qu’il y a de combinaisons de personnes possibles et que d’étapes dans la vie de ces personnes. Il n’y a donc AUCUNE raison que vous ne trouviez pas votre type d’amour à vous. N’ayez juste pas peur de sauter dans le vide, de partir le chercher, de quitter ce qui ne vous convient pas, de creuser en vous pour vous bonifier.

Retrouvez le précédent article sur l’amour ici.


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5 commentaires sur “L’Amour (partie 2)

  1. Je retrouve toujours à l’intérieur de tes textes une impression que tu dis écris littéralement ce que tu ressens, je ne sais pas si ça t’aide vraiment mais je m’y retrouve grandement. J’ai d’ailleurs commencé à tenir un « journal » si on peut dire. J’y écris lorsque je me sens mal et j’aime bien le faire. Je ne sais pas encore si ça m’aide mais j’arrive à y poser mes sentiments et j’aime les relire donc je suppose que ça m’aide. Merci beaucoup pour ça.
    Enfin, peux-tu me passer le lien vers le blog de Nafi s’il te plaît? Je veux lire ses textes aussi

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  2. “J’ai aimé cette personne, j’ai aimé qu’elle m’aime, j’ai aimé qu’elle me laisse l’aimer et qu’elle me montre comment l’aimer plus. J’ai tout aimé.”

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